Un jour, une créatrice: aujourd’hui, Nad etc…

main Nad

J’ai connu mon amie Nad au boulot.

Il y a de ça quelques années, ce petit brin de femme hyper dynamique est venu partager quelques mois dans la bibliothèque où je travaillais alors. C’est drôle comme cette période fut riche en rencontres professionnelles qui se sont transformées en vraies amitiés. Pour ainsi dire, c’est parce que je me force à retracer le quand du comment nous nous sommes croisées la première fois que je me rappelle cet épisode bibliothèque. Car pour moi sinon, mon amie Nad est potière et c’est pour vivre pleinement cette activité là qu’elle a un jour quitté l’épisode alimentaire de boulot à la BU et qu’elle s’est entièrement consacrée à son tour et à sa terre. Et comme elle a bien fait. Pas facile de se lâcher ainsi dans la vie d’artisan, d’artiste même et de prendre le risque de vivre selon ce désir. Pour ma part, le résultat est à la hauteur et ce qu’elle produit est tellement beau, et fin, et onirique (oui je sais, je n’en ai pas encore fini avec le domaine du rêve, cf et ) que j’ai eu envie de vous brosser le portrait de Nad etc…, mon amie céramiste de mon coeur.

Nad etc… inaugure donc la rubrique « un jour, une créatrice » (à l’occasion, ce sera aussi « un jour, un créateur », ne faisons pas oeuvre de misandrie) sous forme d’interview en 5 questions totalement partisanes et incomplètes, l’objectif n’étant pas l’exhaustivité sur « sa vie, son oeuvre ». Juste un portrait. C’est parti:

1 – Bonjour Nad etc…, peux tu te présenter?

Bonjour Mme la journaliste (éhéhé, trop classe, ndlr tant qu’à faire), je suis une jeune céramiste trentenaire, vivant à Marseille et plutôt bien contente de tout ceci et c’est ma première interview, je suis un peu impressionnée…

2 – On dit potière ou céramiste? C’est quoi la différence en fait, quelque chose de plus élitiste dans la céramique?

En fait, céramiste est le terme le plus générique en ce qui concerne le travail de la transformation de la terre par le feu, le potier est plus spécifiquement un céramiste qui fait des pots, qui tourne la terre souvent, c’est pourquoi ça m’est égal, j’aime vraiment les 2 termes, en fonction de ceux à qui je m’adresse je choisis… des fois ça fait du bien de se la péter un peu et d’être céramiste.

3 – Quelles sont les personnes dont tu t’entoures dans ton travail?

Ceci est une belle question car les collaborations sont, je crois, ce qui me motive le plus dans mon boulot. Ce n’est pas toujours facile d’être seule dans son atelier, dans ces journées, l’auto-entreprenariat n’étant pas vraiment ce qui correspond le mieux à ma personnalité. Laurie Guillerme est une amie proche, je connaissais donc et aimais beaucoup son univers dans son travail de photo et de graphisme. Quand j’ai découvert la technique qui le permettait, je lui ai évidemment proposé d’intégrer ses graphismes à mes pièces de porcelaine. Aujourd’hui, elle reste très présente, m’a souvent accompagnée sur les lieux de vente et vient souvent découvrir avec moi les ouvertures de four. Amandine Dupré est la soeur d’une bonne amie, on a eu souvent l’occasion de se rencontrer et je crois que c’est elle qui m’a proposé une collaboration connaissant mon boulot. Son univers est bien différent et m’amuse beaucoup, je suis très contente d’avoir à trouver de nouvelles formes pour mettre en valeur son travail. De plus, il m’arrive souvent de travailler pour d’autres céramistes, de leur tourner des pièces et cela reste très enrichissant pour moi de m’intégrer à un atelier, un univers et de comprendre les formes de quelqu’un d’autre.

4 – Et tes sources d’inspiration?

Je crois que ce que je recherche est la douceur, les associations incongrues, le rêve… Je suis souvent très touchée par le flou, ou au contraire l’hyper-réalisme, la simplicité donc la précision…

5 – Peux tu nous raconter ta plus grosse galère de boulot dans ton activité et à l’inverse ta plus grande satisfaction?

Ma plus grosse galère, c’est un jour où des potes sont arrivés alors que j’étais en train d’enfourner des pièces très importantes pour un salon très coté à Paris. Je me suis donc arrêtée en cours pour boire un coup et manger avec eux et quand je m’y suis remise je n’ai pas fait attention à ce que je faisais et cassé tout un étage de boites magnifiques et qui étaient sensées être mes plus belles pièces sur le stand, j’en ai pleuré! Ma plus grande satisfaction est, je crois, le jour où j’ai défourné les premières pièces nées de la collaboration avec Laurie. ça fonctionnait, c’était beau, j’étais fière et me suis dit que j’avais hâte de les soumettre au regard des amateurs!

6 – Bon et puis hop, 6, ne soyons pas radins: des envies, des rêves pour ton avenir pro?

Mon avenir pro… ce serait super d’avoir un jour mon petit atelier-boutique pour pouvoir accueillir les clients, peut-être donner des cours et aussi exposer d’autres artistes ou créateurs que j’aime bien. J’aimerai et je vais un jour inch’allah arriver à trouver à mettre en place des créations avec un univers bien à moi, avec ce que je suis moi toute seule. J’aimerai aussi travailler avec des designers, cela m’est déjà arrivé et j’ai adoré! Le rêve, ce serait que j’arrive à vendre mon travail à sa juste valeur (ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui) pour que je puisse gagner correctement ma vie et continuer cette vie qui me convient parfaitement.

7 – Question bonus portnawak: le kebab, baguette ou galette?

Galette bretonne définitivement!

Et voilà! Ma première interview, ma première interviewée, l’exercice m’a franchement plu et j’espère que ce que Nad nous a livré ici vous intriguera assez pour aller à sa rencontre. Impossible de ne pas illustrer ses propos de quelques photos de ses pièces, à commencer par ma « collection » personnelle. J’accumule avec grand délice et depuis quelques temps déjà les céramiques de Nadège, je les détourne de leur fonction première, les exposant simplement comme de belles oeuvres d’art, utilisant un gobelet dans ma salle de bain pour y mettre mes pinces à cheveux et finalement, plus récemment, je les utilise pour ce qu’elles sont aussi vraiment et je prends un plaisir  certain à boire mon café dans « mon » mini mug. Il n’est pas rare que les soirs de cocooning, ma théière et un gobelet ne me suivent pas jusqu’au pied du lit.

Image

Je poursuis de quelques illustrations tirées de son blog, allez y jeter plus qu’un coup d’oeil, les photos que j’ai choisies étant plutôt celles de sa production en collaboration avec Laurie Le Guillerme (j’ai adoré ce fruit de leur rencontre), mais Nad. etc… produit d’autres styles et sa nouvelle collaboration avec Amandine Dupré est à tomber aussi.

Image

gobelet2

Gobelet06

Bref, j’aime ces céramiques. J’en offre autour de moi. J’aime à penser que dans le chalet de ma douce K. il y a ce saladier avec un loup qui court, parce que j’ai l’impression que c’est celui qu’on pourrait furtivement apercevoir dans la forêt juste en face. J’aime la douceur de ces lignes de poterie, je les trouve fines et sensuelles. J’aime ce travail parce qu’il est très ancré dans la terre (c’est le cas de le dire), très technique (il n’y a qu’à entrapercevoir la connaissance, mais aussi le ressenti, que requiert la maîtrise de la cuisson au four) et parce qu’il  produit des objets utiles que j’aime à contempler. Des objets du quotidien, qui le rendent plus joli.

Où trouver Nad etc... me direz vous? Par ici:

– les 14 et 15 Décembre sur le marché des créateurs du cours Julien à Marseille
– les 21 et 22 Décembre à la Friche de la Belle de Mai à Marseille pour le « Made in Friche » pour les cadeaux de dernières minutes au chaud
– Du Mercredi au Dimanche à la boutique Objet Céleste à Paris, 34 bis rue Bichat (75010)
– Du Mardi au Samedi à la boutique Talents à Paris, 26 avenue Niel (75017)
 
Voilà. Courez y, à Marseille ou à Paris. Traînez vos guêtres au marché des créateurs du cours Julien de ce week-end, c’est un plaisir hivernal année après année, toujours avec un bon vin chaud. Sinon, passez par son blog et contactez là directement si vous n’avez pas moyen de vous approvisionner sur Mars ou Paname, je suis sure que cette fée saura faire quelque chose pour vous.
See you!
Boh, allez, j’ai même envie de vous embrasser tiens: bisous!
PS: quelques idées de prix (gobelet: 20 euros, mug: 25 ou 28 euros, petit saladier: 40 euros, grand saladier: 55 euros, assiette: 30 euros…) pour grand coup de coeur. Plus cher qu’un bol Ikéa c’est sur mais tellement plus beaux, plus doux, plus durables. Pour ma part, je les ai accumulés petit à petit. Disons que je ne me suis pas fait d’entrée de jeu le service théière et ses 4 mugs. Mais je connais d’autres personnes qui oui et qui ont bien raison aussi…
PPS: j’ai oublié de vous dire que Nad faisait aussi les plus mignons des sautoirs!
Image
Publicités