Vidéos virales et un soupçon d’impressions parisiennes

A la faveur d’une réunion de travail d’une heure à Paris, j’ai profité de deux jours dans la capitale, je sais, belle opération.

Comme à notre douce habitude, j’y ai retrouvé mon amie d’enfance, N. ma témouine (de tout, pas que de notre mariage à l’Homme et moi mais depuis 30 ans qu’on s’est rencontrées dans la cours de l’école et que j’ai consigné sur un petit carnet le numéro de téléphone de ses parents, qui n’a pas changé et que je connais toujours par cœur, on est les témouines respectives de nos vies qui avancent: les flirts, les gueules de bois, les sorties en boîte, les vacances dans le Gers, la confiture aux mures, les coups durs, les interrogations existentielles, les errances étudiantes et les réussites professionnelles, les après-midi autour du bassin de la piscine municipale, le Filochard et la Cale sèche, les appartements qui changent, la quête du rouge à lèvre parfait, les coups de fil qui durent et un accouchement très très long… et et…).

Et que font deux amies qui se retrouvent comme si elles s’étaient séparées la veille: elles piapiatent, font des courses, boivent du vin, piapiatent, envoient des textos, vont au resto et comme on est 2.0, elles s’échangent aussi leurs dernières trouvailles sur le net. Et N. m’en a fait découvrir trois à côté desquelles je regrette d’être passée mais je compte bien me rattraper maintenant. Et les partager avec vous aussi mais comme j’ai un peu de retard, pas sure que vous ne les connaissiez pas déjà. Tant pis, j’me lance.

Alors, gros coup de cour pour une pépite du Before du Grand journal: le complot. Il parait que les français adoooorent les théories du complot, je ne sais plus où j’ai lu un pourcentage de la population hexagonale qui y adhère dur comme fer mais c’était assez haut en terme de chiffre. Je ne pense pas être la dernière à en faire partie et le « on nous cache tout, on nous dit rien » n’est jamais très loin dans mon esprit mais ma raison se rappelle la plupart du temps à mon imagination débridée et vient la calmer. Mais j’aime bien quand même, impression qu’on est parfois dans un film, manipulés par de grands manitous scénaristes dont on ne connaitrait pas trop ni l’identité ni les plans secrets. Donc, ces vidéos du Before du Grand Journal jouent à fond jusqu’à la caricature ce coupable goût du complot. Tout y est, la musique qui va bien, les tics langagiers du commentateur et des thèmes plus que capillotractés. C’est très drôle et ça nous renvoie un petit miroir pas trop tendre. Je ne résiste pas à vous poster celle qui met en scène la région Paca. C’est par là et à retrouver sur youtube:

Ensuite, dans un registre toujours sociétal et très filles, les textapes d’Alice, une webcomédie disponible sur France 4 et merveilleusement résumée par son pitch: « Avant, l’amour c’était compliqué, depuis internet c’est pire ». Et oui, c’est simplement très juste et pareil que plus haut, très drôle, avec le perpétuel petit gimmick des textos qu’on s’envoie pour débriefer en direct ses rencontres. Par là également:

http://www.france4.fr/studio-4-0/webseries/les-textapes-d-alice/textapes1

(Ah ben mince alors, la vidéo n’apparait pas directement sur mon article, faudrait que je cherche pourquoi mais j’ai trop envie de faire pipi donc je laisse tomber. Faut juste cliquer sur le lien, aie confiance).

Et le meilleur (à mon sens) pour la fin: Camweb, « la vie c’est simple comme un coup de clic ». Deux copines face à leur webcam s’interrogent sur… le sens de la vie, et ouais, pan en plein dans l’mille! Leurs rôles sont parfaits et leur comédie de l’amitié un peu vacharde est impeccable: il y a celle un peu plus en retrait, légèrement sous la coupe de la plus forte en gueule, mais pas non plus totalement nunuche. Elles jouent trop bien toutes les deux! C’est plus que drôle, qu’elles touchent aux problématiques existentialistes des filles (le tuto beauté, le 1er rendez-vous…), à la politique ou aux rapports hommes-femmes… leurs petites vidéos sont bien percutantes et laissent à réfléchir, sur le féminisme notamment. Elles sont propulsées par l’indispensable magasine Causette et tudieu, j’étais passée à côté d’elles tout ce temps alors même que je suis abonnée à leur fil sur facebook… pauvre de moi et merci N. d’avoir rétabli l’ordre juste en me les faisant découvrir. C’est par là aussi et c’est sur Daylimotion:

Enjoy!

PS: sinon, à Paris, je me suis enfin baladée un long après-midi au cimetière du Père Lachaise et c’était beau!!! Surtout les vieilles, très vieilles tombes, celles qui sont en passe de s’effondrer, celles où les inscriptions sont toutes effacées par le temps, celles où les allées sont si sinueuses qu’un chat qui en surgit te fait sursauter dans le recueillement, celles d’Héloïse et Abélard, les amants contrariés, seule tombe célèbre que je suis allée chercher. A l’entrée du cimetière, j’ai croisé une belle fille toute de noire vêtue, tirant frénétiquement sur sa clope, une rose à la main et elle m’a inspiré ces quelques vers très libres, j’étais d’humeur poète: « L’air compassé, une rose blanche à la main, dire adieu à un proche au cimetière du Père Lachaise a quelque chose d’un rien aristocratique ». Voilà, bon, c’est pas du Baudelaire non plus. Après, j’ai beaucoup marché et quand je me suis retrouvée toute seule à force d’éviter les groupes de lycéens étranger en visite (je me suis beaucoup demandée pourquoi imposer à de jeunes adolescents déjà très travaillés par les idées de vie et de mort une visite de cimetière, j’ai trouvé que c’était un peu tôt et un poil vachard, salops de profs…), bref, que je me suis retrouvée toute seule dans des allées très isolées avec juste un monsieur qui suivait les mêmes pas que les miens, j’ai eu un peu peur et très envie d’en sortir. J’ai mis une bonne heure, les pieds en compote, trébuchant en talons sur les pavés mais au final… c’était bien chouette. Bisous!

La chanson du samedi

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… mais ça ne sera peut-être pas tous les samedis, non. Ce n’est là que l’inspiration du moment.

Il s’agit simplement d’avoir (re)trouvé la chanson qui chasse les autres, surtout celles qui vous collent à la tête et invitent leur refrain lancinant sans consentement. Quand l’Homme fredonne « I know you want it », annonçant les paroles certes dansantes mais dérangeantes de Blurred lines par Robin Thicke, j’abats ma carte maîtresses et je fredonne « to sleep side by side ». En plus, j’aime bien le contraste que ça fait. Car Robin Thicke n’a pas du tout envie de sleep side by side avec les filles de son clip et celles qu’il évoque dans sa chanson, non, pas vraiment.

Donc, moi, je ré-écoute le superbe Little broken hearts de la non moins sublime Norah Jones et tout spécialement le titre éponyme de l’album:

Sa voix de velours, sa musique intrigante et mélodieuse, ses textes énigmatiques. J’aime. A écouter aussi, les titres Happy pills et Mariam. Il commence à dater un peu ce 5ème album mais maintenant je prends beaucoup de plaisir à le passer. Faire un détour par le site de la demoiselle pour profiter de ses chansons:

http://www2.norahjones.com/

Et bon, comme l’a si bien dit mon amie L, et qu’on adore détester ce type, ou qu’on déteste l’adorer, c’est au choix, balançons quand même le clip non censuré, so sexy et si affreusement mysogine du beau Robin Thicke. Tout à l’opposé de l’univers de Norah Jones, on n’est pas à une contradiction près chez unboudoiramarseille. Enjoy!

http://www.vevo.com/watch/robin-thicke/blurred-lines-unrated-version/USUV71300526

Quintessence de la bobohitude

Je me demande parfois pourquoi je suis aussi cynique avec les bobos, pourquoi je les regarde de haut. Surement parce que j’en suis et que je rejette avec force ma… « communauté ». Un peu comme les hipsters dont j’adore me moquer du look. Mais avant que je leur ressemble, j’ai de la marge. Par exemple, toujours pas l’ombre d’un bout de barbe ni-même de duvet sub, sub… sublingual? (…non, ce serait dégueulasse, ça voudrait dire au-dessus de la langue, genre dans le palais. Ça vaut bien la peine de crâner en sachant employer à bon escient un mot comme susorbital – rien de sexuel – de se faire appeler « le mot juste » et de pas connaître le terme scientifique exact pour dire « au dessus de la bouche »…)

Bref. Je n’aime pas les bobos. Vous pouvez toujours vous lever tôt pour me trouver traînant mes espadrilles au marché paysan du Cours Julien le mercredi matin: LE repère des bobos de Marseille (LE triangle d’or: La Plaine – Le Cours Ju – Notre-Dame-du-Mont!!!). Même quand j’habitais à côté, je n’y allais pas, c’est dire (en même temps, je travaillais le mercredi donc bon). Cela dit, se lever tôt pour pouvoir profiter de tous ces bons produits eut été le plus indiqué, mais alors vraiment très tôt. Parce qu’après, plus que des bouquets de fleurs sauvages et des tielles sétoises à tomber, c’est des hordes de bobos qui se ramassent à la pelle. Aaaaaaahhhhhhhh, ces armées de mères portant en écharpe des enfants de 3 ans (sûrement affligés d’une grave déficience les empêchant de marcher de leurs propres ailes, un peu comme ces petits chiens que leurs propriétaires transportent dans des petits sacs… j’ai toujours envie de leur demander s’ils sont paraplégiques). Tous ces paniers en osier (OK, j’en ai plusieurs aussi, mais ça fait de moi une bobo? Non. Si?). Tous ces gens qui demandent « je les mange avec quoi ces topinambours? ». Avec une fourchette c…!!! Mais je m’emballe. Au final, je préfère la compagnie des petits vieux sur des marchés plus populaires, même s’ils sont très forts pour piquer un sprint impromptu et vous voler le dernier filet de saumon ou la dernière barquette de fraises, les gueux. Est- ce que ça fait de moi la nouvelle bobo? Peut-être… Mais je me complais à considérer que non.

Et puis parfois, l’Homme enfourche sa bicyclette (tellement pas bobo, surtout quand il porte son petit pantalon à bretelles… déni quand tu nous tiens) et mu par un obscur désir de consumérisme authentique et équitable, il ramène… ça:

panier à salade

Un panier à salade! So cute! Au début, je trouve ça sympa. En plus il l’a acheté chez Empereur et j’adore cette droguerie upper style nichée dans Noailles (à ce stade ça aurait déjà du me mettre la puce à l’oreille mais je n’ai pas fait attention, cet objet me rappelait tant ma vieille tata Lili, une ardéchoise pur crû qui avait le sens des valeurs et séchait sa salade dans un panier elle-aussi, j’étais toute émue). Fini l’essorage de salade dans le torchon, même si ça c’était assez authentique comme méthode, et surtout c’était la seule qui nous restait suite au décès de notre vieille essoreuse en plastique (estampillée GiFi ou tout autre temple du plastique chinois, tellement pas bobo, je sais). A nous les tours de bras dans le jardin et les petites gouttes de pluie nous arrosant. On rirait, Mr Z sautillerait pour se faire mouiller et ensuite on croquerait à pleines dents dans des feuilles de salade (bio) fraiches et tendres.

Bon, en vérité, mon coeur saignait un peu quand même parce qu’en fait, moi, j’aurais aimé avoir ça:

essoreuse OXO

Ou ça (la version luxe):

essoreuseOXO inox

Objet de désir rencontré chez mes beaux-parents, toujours à la pointe de l’ustensile culinaire. La rolls de l’essoreuse à salade. 3000 tours minute (je dis ça, je dis n’importe quoi mais en gros, c’est équipé d’un moteur de Maserati et j’ai toujours eu envie de piloter ce genre d’avion de chasse). Une légère poussée sur la poignée noire puis on arrête le mouvement circulaire infini d’une encore plus légère pression sur le bouton noir. Simple, efficace, beau. Tout ce que je voulais. Mais bon, cher aussi. Bourgeois en somme comme objet. J’ai bien essayé de le trouver sur LeBonCoin mais je ne me suis jamais résolue à dépenser plus d’une trentaine d’euros dans une essoreuse à salade (compter plutôt dans les soixantedizaines pour la version inox), faut pas déconner.

J’en étais donc là de mes réflexions quand j’ai demandé comme ça à l’Homme combien il avait payé son panier à salade si authentique. La curiosité est un vilain défaut… C’est donc tout naturellement que je me suis étranglée et que j’ai manqué le molester quand il m’a innocemment répondu: « 37 euros ». What The Fuck!!! 37 euros pour cet objet si authentique, cet ancêtre de l’essoreuse, cet objet qui ne marche que grâce à la force de propulsion de nos bras, une sorte de torchon amélioré au bout du compte. Quand je pense que pour le même prix j’aurais pu me payer ma rolls, enfin, ma maserati de la cuisine, mon essoreuse OXO.

J’ai écrasé une larme et, dignement, je suis passée à autre chose (équeuter les haricots verts).

Puis un matin, tandis que je buvais mon thé vert japonais nature (tellement pas bobo) et que je regardais le panier à salade (oui, il m’obsédait un peu), je me suis souvenue de cette conversation quelques jours plus tôt avec mon ami E. au sujet de la kermesse de l’école. On y parlât avec entrain du concept de bobohitude: bo pour bourgeois, l’argent, bo pour bohème, un peu la misère quoi, mais joyeuse. Et tout en regardant mon nouveau panier à salade, je pris conscience qu’il était à lui seul l’incarnation du concept, la quintessence de la bobohitude: bo pour bohème (remember tata Lili, cette vieille ardéchoise authentique) et bo pour bourgeois (tata Lili n’aurait jamais dépensé 24270,41 francs pour un panier à salade, elle avait les pieds sur terre elle et connaissait la vraie valeur des choses). En plus, ça nécessite d’avoir un balcon ou mieux, un jardin, en ville. Et dans la to do list des choses à accomplir avant 50 ans sinon tu as raté ta vie, on a déjà coché ces deux cases…

Tôt un matin, donc,  j’ai du me rendre à l’évidence: nous sommes de gros bobos.

Dommage, à une syllabe près on atteignait l’idéal sociétal de l’Homme (celui qui porte un pantalon à bretelles et enfourche parfois son vélo, pas l’Homme en général): être des gros boNObos…

Edit:

– pour ceux qui aimeraient tant nous croiser chez Maison Empereur du côté du rayon paniers à salade: Maison Empereur, 4 Rue des Récolettes  13001 Marseille, 0491540229, http://www.empereur.fr, on peut aussi y prendre des cours de cuisine le samedi matin et tous leurs objets et produits déboitent, c’est une caverne d’Ali Baba

– pour ceux qui aimeraient parler en ancien franc comme Tata Lili: http://www.quellesconnes.com/~super/euro/menueuro.php3 qui explique l’euro (et plein d’autres choses mais j’ai pas tout regardé ) aux pOOfs (entendre pouffes je suppose)