Impression soleil levant

Bon, ce titre eut été plus adapté si j’étais partie au Japon mais la Thaïlande, c’est déjà pas mal à l’est non? Et j’ai tant l’impression (justement) d’avoir vécu là-bas avec ce fameux soleil, voilé par les restes de mousson, réchauffant la peau instantanément dès que les nuages s’éparpillaient, brûlant le dos lors d’un instant d’inattention sur la plage, disparaissant d’un coup d’un seul passé 18 heures… et bien j’ai tant l’impression d’avoir vécu avec son rythme et sous ses doux rayons, c’est peut-être encore cela la sensation qui me reste la plus vivace une fois revenue sous des cieux plus… tumultueux, pluvieux et surtout froids. Ce sont la douceur et la chaleur, la lumière aussi qui m’accompagnent encore pour, je l’espère, un long moment.

Mais pas que, quand même. Alors, débrief de souvenirs, d’images et d’anecdotes, en vrac et pas dans l’ordre (oups, je viens de faire mienne une expression phare d’une blogueuse que j’aime bien … copyright?). En tout cas, surtout dans aucun ordre d’importance…

– j’ai re-craqué pour le miniaturisme et laissé libre court à ma passion des petites choses près du Wat Pho, à Bangkok, au marché aux amulettes. Depuis, je les ais tous les trois sur mon bureau et j’aime bien poser mon regard sur ce minuscule bestiaire qui m’est déjà précieux, un lapin à grandes oreilles, une sorte de félin montant la garde et un rat de bande dessinée qui tente de se saisir de je ne sais pas quoi:

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– j’ai perdu ma carte bleue mais dans ce cadre c’était presque exotique et je dois de l’argent

– je me suis confrontée à mes limites et mes contradictions face à l’étendue maritime, fascinée et attirée par l’exploration des fonds marins et terrorisée par l’immensité bleue, la perspective qui se perd et l’angoisse de la mauvaise rencontre (oui, j’ai été élevée à la période « les dents de la mer » et depuis je flippe, même dans une piscine, de croiser le grand squale… auquel néanmoins je m’intéresse beaucoup. D’ailleurs sur Koh Tao j’aurais eu peu de chance de rencontrer un requin blanc car ce n’est pas trop son environnement mais par contre, un requin bouledogue, un peu plus, ce qui n’est vraiment, VRAIMENT, pas mieux…). Bref, j’ai beau rêver de me réincarner en morceau de la grande barrière de corail ou penser à une baleine évoluant dans l’océan quand j’ai besoin de visualiser une image relaxante… je suis morte de peur dès que je fais du snorkeling et pareil quand je pars en kayak. M’éloigner des côtes à plus de quelques mètres me colle des sueurs froides… Et pourtant, j’ai envie d’y retourner.

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– j’ai aimé, vraiment aimé contempler l’Homme et Mr Z main dans la main. Ça m’a émue, je ne saurais dire pourquoi. Bien sur parce que c’est précieux d’être une famille, aussi parce que j’y voyais l’âge et le passage du temps et que de l’enfance à l’âge adulte il n’y a finalement qu’un tout petit pas… Nostalgie quand tu nous tiens:

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– j’ai lu un très bon livre, Shibumi, de Trevanian, dans des conditions, je dois l’avouer, parfois compliquées (comment tenir son livre tout en shootant le palmier et en se mettant un refill de crème solaire, c’est techniquement complexe)

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– j’ai fait du yoga, un peu, mais sur un palmier, ça contrebalance (en effet, tout est question d’équilibre). En vrai, la seule fois où j’ai vraiment fait du yoga, le prof s’est légèrement emballé et a un peu sur-évalué mon niveau, j’ai mis un moment à m’en remettre…

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– j’ai régné sans partage sur les océans dans notre cabane de Robinson (légèrement améliorée) sur l’île de Koh Tao. C’est pour la décence que je mets une photo de moi habillée car la plupart du temps, nous avons régné (oui, toute la famille royale) à poil ou au mieux avec une culotte de maillot.

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Pour régner sur les océans, attention très bon plan (d’accord, pour peu qu’on puisse aller jusque là-bas), il « suffit » de réserver une chambre chez Uwe. Dans notre cas, elle nous a coûté moins de 20 euros par nuit et ce fut un endroit de paradis. Juste assez éloignée de la plage principale de l’île où on trouve des resorts en pagaille et de quoi faire la teuf tout au long de la nuit, juste assez isolée sans que ça en devienne une contrainte infranchissable, juste assez roots pour dormir néanmoins dans un bon lit et se faire notre petite popotte le soir venu, juste assez perchée au dessus de l’eau pour avoir quelques marches à descendre entre les rochers et plonger direct dans la grande bleue turquoise. L’Homme y a vécu ici un de ses plus grands moments de snorkeling, au très petit matin, quand aucun bateau n’emprunte encore ces chemins, seul (mais avec pas mal de poissons et sans requin, ouf). J’ajouterai qu’Uwe, son épouse et leurs enfants sont adorables, qu’Uwe est polyglotte et parle super bien français, ce qui est pratique et confortable et qu’il loue pour trois fois rien scooters et kayaks qui permettent de partir visiter l’île en parfaite autonomie.

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Enfin, je dirai que là, dans le plus adorable des petits studios au dessus de l’eau, nous avons rencontré une jeune femme installée ici 5 mois pour écrire un livre. Perso, ça m’a un peu fait rêver…

– j’ai bien mangé mais pas toujours les choses les plus bizarres croisées sur les marchés (ok, le canard laqué ça n’a rien de très bizarre mais moi, j’y arrive pas, entier comme ça, suspendu à son crochet, je bloque):

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Je n’ai toujours pas goûté au durian, le fruit emblématique du roi, très apprécié de la population asiatique, interdit de transport dans les avions ou même les ascenseurs, en raison donc de son odeur très… forte, on va dire. Par contre, l’Homme s’y est essayé. La blague. Il a tenu le choc mais refuse depuis d’en parler au risque de rendre sur l’instant ce qu’il a dans le ventre.

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– j’ai été assez déboulonnée par la question du travail, vue avec mes yeux de parfaite occidentale de classe moyenne et portée à gauche (pour me décrire très sommairement). Je m’explique: je n’ai pas eu l’impression (en tout cas sur les îles, je mets Bangkok à part) d’une quelconque misère. Je n’ai croisé que très très peu de mendiants, uniquement des gens atteints de malformations physiques graves et installés à côté des marchés ou des quelques lieux de passage très touristiques (et encore, quand je dis très peu je veux dire moins de 5 personnes durant tout le séjour et j’ai quand même pas mal trainé mes guêtres dans tous les quartiers de l’île, je n’étais pas dans un complexe hôtelier). On aurait dit (et ça m’a quand même été confirmé par la lecture de quelques articles sur la question) que tout le monde bossait. Ce que je veux dire, c’est que le décalage avec notre enlisement dans le chômage était très fort et que sur ces îles, beaucoup de petits boulots qui chez nous n’ont plus cours semblaient apporter aux personnes qui les pratiquaient suffisamment d’argent pour vivre dignement. Je sais que ma vision des choses est partielle et que ce n’est pas en 5 lignes de blog que je peux vraiment expliquer mon ressenti mais ce que chante Aznavour est vrai, « il me semble que la misère serait moins pénible au soleil », mais pas que grâce au soleil non plus. Grâce aussi au fait qu’il y a du boulot tout simplement, même des petits boulots que chez nous on a rangé sur le bas côté de ce qu’il est digne d’accomplir: pompiste dans les stations essences, aide dans les parkings pour se garer, vendeurs de tout un tas de choses en tout genre sur tous les bouts de trottoirs disponibles etc etc…

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– l’exotisme, le joie, le voyage et même les feux d’artifice au dessus des palmiers le 31 décembre ont été contrebalancés par la perte d’un être cher, dont je savais la fin  proche et à qui je pensais tous les jours. Les temples furent vraiment un lieu de recueillement et pas simplement de tourisme et les prières psalmodiées en thaï par les moines furent également les miennes, sans que j’en comprenne le sens mais assez fortes pour véhiculer mes pensées. J’ai déposé en offrande dans un des temples du Wat Pho, à Bangkok, une fleur de lotus pour elle puis j’ai appris que cela symbolisait le savoir. Cela lui allait bien.

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– j’ai fait une superbe randonnée sur l’île de Koh Samui, ça aussi c’est un vrai bon plan quand on sait qu’il n’y a pas vraiment de sentiers de randonnée balisés, que monter dans les hauteurs c’est tout de suite aller dans la jungle et que le trekking n’est pas l’activité n°1 sur l’île. Ces circuits sont organisés par une française installée depuis quelques temps à Samui et elle vous embarque à la découverte de la flore locale qu’elle connaît à merveille et vous fait découvrir des lieux insoupçonnés (parce que hauts, loin et pas bien indiqués sur les routes). C’est comme ça qu’au détour d’un chemin, l’Homme et moi nous sommes crus projetés dans la châtaigneraie ardéchoise (en l’occurrence, des plantations de durian) ou que nous avons pu tomber sur un combat de coqs… Mon bon plan est un peu limité car je n’ai noté ni le nom ni le site web de notre parfaite guide mais j’ai un bon indic sur place qui a gardé tout ça. Au besoin et pour ceux qui projetteraient d’aller faire une petite marche là-bas, ça se retrouve facilement.

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– j’ai adoré cette conversation très franco-française entre deux couples à l’aéroport de Bangkok, sur le départ pour rentrer en France. L’un pensait que la Thaïlande, et l’Asie en général, c’était le futur alors que l’Europe, complètement le passé. L’autre au contraire soutenait que l’Asie vit dans le présent alors que nous, occidentaux, sommes déjà dans le futur… Ça m’a fait sourire. Et au-delà, ce sont quand même de vraies interrogations. Tout le fourmillement asiatique donne l’impression vraie d’être projeté dans l’action et que le changement c’est pas maintenant, c’est tout le temps (sorry)… mais attendre dans un bateau pétaradant son mazout plus de quinze minutes avant qu’il ne prenne le départ, sans couper les moteurs, sur la Chao Praya jonchée de détritus, c’est aussi se dire que s’il n’y a pas un sursaut écologique, ils vont droit dans le mur. Enfin, ça, on y va tous ensemble… Après, celui des deux qui soutenaient que l’Asie survit dans le présent a également ajouté, au sujet de Phuket et sur un ton extrêmement condescendant que cette ville était, à tout le moins, « très dispensable ». L’emploi de cet adjectif me l’a immédiatement fait cataloguer dans la catégorie « gros con qui sait tout » et j’ai trouvé ça super de retrouver mes compatriotes. Arriver ensuite en France en plein JulieGayetGate, je vous dis pas mais c’était quand même le top pour rentrer en « chez nous »!

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– je me suis fait masser, pas assez, fait faire les ongles, trop peu, j’ai bu des caïpirinhas, pas en assez grand nombre, exploré les ruelles commerçantes du Chinatown de Bangkok, pas toutes, testé pas mal de plages mais pas de façon exhaustive, de même sur les cartes des restos et bouis-bouis de bord de route: j’ai pas tout gouté. Bref, il faut que j’y retourne!

So long folks!

(Et cliquez sur les images pour les avoir en grand)

PS: rendons à César ce qui est à l’Homme, à savoir la quasi totalité du crédit photos. Mais pas toutes non plus, moi aussi je sais shooter avec un objectif.

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Je mets dans ma valise…

… rien que des petites choses!

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Sauf la bière bien sur, que l’homme achète en taille normale. Et je vous ai mis cette bouteille pour faire étalon-mètre et avoir une idée de la taille réelle des produits glissés dans ma trousse de toilette. Alors voilà, ce que j’aime bien ici en Thaïlande, c’est qu’on peut trouver dans n’importe quelle supérette de bord de route, un 7 eleven du coin  en l’occurrence, tous les produits de soin dont on a besoin en format miniature. Ici donc et pour partir 3 jours sur l’île de Koha Tao nous avons: un gel douche, un shampooing, un lait pour le corps, (une bière), un bain de bouche (très bien, au thé vert, introuvable en France, si ça en intéresse certains, ça se vend aussi par bidon d’un litre), un tonique visage et un gel nettoyant visage. Et encore, je me suis limitée au strict minimum, j’aurais pu prendre le mini déo, le mini dentifrice, la mini crème visage etc etc… J’ai toujours aimé moi ces mini formats! Du plus loin que je me souvienne j’adorais les mini chaussures à talon de mes barbies et je crois même que j’ai fait une collection de mini animaux en céramique quand j’étais ado (oui, je sais!). Je fantasmais aussi sur les mini livres et je rêvais que la collection complète des Tintins existe en miniature. En France, je supplie toujours les vendeuses beauté de me refourguer des échantillons que je prends plaisir à utiliser quand je pars en voyage. Mais trouver une si grande variété de produits de toilette à des prix défiant toute concurrence (autour d’un à deux euros ici en Thaïlande) ben je dois avouer que chez nous c’est coton. Ou alors j’ai pas bien cherché mais je ne crois pas.

Alors les écolos forcenés me rétorqueront que c’est pas très écolo justement tout ça, toutes ces petites bouteilles en plastique. Je leur répondrai que maintenant je les garde et que je les remplirai la prochaine fois avec mes propres produits. Pratique isn’t it?

Mais là où mon propos devient un peu moins futile, c’est quand il touche au médical:

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Non, je ne deale pas du LSD. Ce sont des médicaments. Il se trouve que j’ai contracté une ghgkkjhfxchbvh. Une ghgkkjhfxchbvh! Bon, d’accord, une INFECTION URINAIRE. Voilà, vous savez. Bon,  bref, je suis allée à la pharmacie me chercher quelque chose pour cheminer sur la voie de la guérison. Et la pharmacienne m’a délivré la juste dose de médicaments pour 3 jours de traitement. Pas douze boîtes et 3 flacons de sirop, non, juste le nombre exact de médocs dont j’avais besoin. Dans un petit sachet sur lequel elle a noté le nom des molécules et le protocole à suivre, 1 time, 3 days, breakfast, lunch, dinner. Et là je me dis que ça nous ferait pas de mal en France de faire pareil, rapport au fameux trou de la sécu…

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui! See you, portez vous bien, avec ou sans infection urinaire! Mais plutôt sans, c’est mieux.